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La Corée du Nord a salué dimanche son retrait de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme en offrant à son tour un gage de bonne volonté: la poursuite du processus de démantèlement de ses installations atomiques.
Malgré l'ire qu'il a soulevée au Japon, le compromis annoncé samedi semble ouvrir la voie à une reprise des pourparlers à six pays sur la dénucléarisation du régime nord-coréen, grippés depuis plusieurs mois.
"Nous saluons le respect par les Etats-Unis de leur promesse de retirer la République populaire démocratique de Corée (RPDC) de la liste des Etats soutenant le terrorisme", s'est félicité un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par KCNA, l'agence de presse officielle du régime. "La RPDC a pris la décision de poursuivre la désactivation des installations nucléaires de Yongbyon et d'autoriser les Etats-Unis et les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à reprendre leurs travaux", a-t-il ajouté.
A la suite d'un litige sur la nature et l'étendue des inspections, Pyongyang avait annoncé le 26 août l'interruption du processus de démantèlement et menacé, le 19 septembre, de relancer son complexe de Yongbyon, épine dorsale de son arsenal atomique. Samedi, les Etats-Unis ont retiré la Corée du Nord de leur liste noire en échange du contrôle de "toutes les installations nucléaires" du régime communiste. Selon le porte-parole du Département d'Etat Sean McCormack, le Nord a accepté l'inspection de "toutes les installations nucléaires" --aussi bien productrices de plutonium que liées à l'activité d'enrichissement d'uranium-- et le prélèvement scientifique d'échantillons.
L'accord a été obtenu après d'intenses consultations entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et ses cinq partenaires de négociation (Chine, Japon, Russie, Corée du Sud et du Nord).
La Corée du Nord figurait depuis 1988 sur cette liste noire en raison de son implication présumée dans la destruction d'un avion de ligne sud-coréen en 1987, ayant fait 115 morts. Les sanctions l'empêchent notamment d'obtenir des prêts à faibles taux auprès d'institutions financières comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI).
Toutefois la décision n'a pas fait l'unanimité.
Si Séoul s'est réjoui de la décision, le Japon l'a jugée "regrettable". Tokyo est opposé à toute forme de compromis avec le régime communiste tant que n'est pas réglé le sort des Japonais enlevés dans les années 70 et 80 par le régime de Pyongyang pour former ses agents secrets.
"C'est extrêmement regrettable et j'estime que des enlèvements sont assimilables à des actions terroristes", a déclaré le ministre japonais des Finances, Shoichi Nakagawa, à des journalistes à Washington. Ce retrait "contribuera à remettre sur les rails les pourparlers à six pays (...)", a jugé au contraire Kim Sook, le négociateur en chef sud-coréen.
Puissance nucléaire militaire depuis le 6 octobre 2006, la Corée du Nord a accepté l'an dernier d'interrompre ses activités atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.
Le processus semblait bien engagé depuis la désactivation de Yongbyon en juillet 2007 et la démolition de sa tour de refroidissement en juin 2008. Mais un désaccord est né récemment autour des demandes de Washington sur une inspection sans limite des installations, Pyongyang affirmant que rien de tel n'était prévu dans l'accord entre les six pays conclu en 2007. Le régime a alors fait monter les enchères en expulsant de Yongbyon les inspecteurs de l'AIEA et en menaçant de relancer ses installations nucléaires en y réintroduisant des matériaux fissiles.
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