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Les Etats-Unis ont retiré samedi la Corée du Nord de leur liste des Etats soutenant le terrorisme en échange du contrôle de "toutes les installations nucléaires" du régime communiste, un accord qui devrait permettre de relancer le processus de désarmement nord-coréen.
"La secrétaire d'Etat (américaine Condoleezza Rice, ndlr) a annulé la mention de la Corée du Nord en tant qu'Etat encourageant le terrorisme", a annoncé le porte-parole du Département d'Etat Sean McCormack.
Cette décision a été prise parce qu'un accord sur des procédures de vérification du programme nucléaire nord-coréen a été trouvé entre les six pays impliqués dans les pourparlers (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie, Corée du Sud et du Nord), a expliqué M. McCormack.
Le plan de contrôle établi lors d'une visite à Pyongyang début octobre du négociateur américain Christopher Hill comprend "tous les éléments que nous voulions", a affirmé M. McCormack, pour faire pièce aux critiques qui reprochaient à l'administration Bush de vouloir à tout prix un accord pour pouvoir revendiquer un succès diplomatique de dernière minute.
"C'est un point important. Chacune des choses que nous voulions font partie du plan" de contrôle, a ajouté M. McCormack. Selon lui, le régime communiste de Pyongyang a accepté l'inspection de "toutes les installations nucléaires" --aussi bien productrices de plutonium que liées à l'activité d'enrichissement d'uranium-- et le prélèvement scientifique d'échantillons.
Selon M. McCormack, des experts des six pays impliqués "pourront participer aux inspections y compris des experts de pays non nucléarisés" qui "sur la base du consentement mutuel pourront concerner des sites non déclarés". L'accord prévoit également pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) "un rôle important de conseil et soutien au processus de vérification", selon M. McCormack qui n'a pas donné d'autres détails.
L'accord a été obtenu après d'intenses consultations vendredi entre la secrétaire d'Etat américaine et ses cinq partenaires.
La Corée du Nord figurait depuis 1988 sur la liste noire américaine en raison de son implication présumée dans la destruction d'un avion de ligne sud-coréen en 1987 ayant fait 115 morts. Les sanctions l'empêchaient notamment d'obtenir des prêts à faibles taux auprès d'institutions financières comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI).
Le président George W. Bush s'est entretenu samedi par téléphone avec Taro Aso, le Premier ministre du Japon qui s'opposait à ce retrait tant que le sort des Japonais enlevés par le régime de Pyongyang pour former ses agents secrets, n'était pas réglé. M. Bush a promis que ce dossier ne serait pas oublié dans les discussions avec Pyongyang, assurant Tokyo de son soutien.
Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a qualifié d'"appropriée" la décision américaine tout en jugeant qu'il s'agissait d'un "pas en avant modeste" et en estimant que la Corée du Nord devait respecter ses engagements de démantèlement nucléaire sous peine de "conséquences immédiates". Le candidat républicain John McCain s'était montré prudent lui aussi vendredi quant à la crédibilité des assurances données par Pyongyang.
Au terme de négociations entamées après le premier test atomique mené par Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord avait accepté de démanteler ses installations nucléaires en juillet 2007 dans le cadre d'un accord prévoyant en contrepartie une aide humanitaire et énergétique.
Mais l'aide a tardé à arriver, Washington insistant sur la mise en place d'un strict mécanisme de contrôle du processus de dénucléarisation.
Furieux, le régime communiste qui estimait que ces inspections ne figuraient pas dans l'accord de 2007, avait annoncé le 26 août l'interruption du démantèlement de ses installations et menacé le 19 septembre de relancer le complexe nucléaire de Yongbyon.
Ce durcissement de ton était intervenu peu après l'annonce par les autorités sud-coréennes que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, 66 ans, avait subi une attaque cérébrale.
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