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Ecotourisme, tourisme "vert", tourisme équitable, tourisme solidaire: les appellations fourmillent et les labels se multiplient, sans que le voyageur ou l'environnement y trouvent forcément leur compte.
"Il y a plus de 400 systèmes de certifications à travers le monde !", souligne Tricia Barnett, directrice de l'ONG britannique Tourism Concern, qui tempête contre contre le "greenwashing", l'utilisation d'arguments environnementaux à tort et à travers pour se donner une image "verte".
Pour l'Europe seule, près d'une cinquantaine de labels ont été recensés.
"C'est un foisonnement qui peut être contre-productif car le public et les professionnels s'y perdent", note Pascal Aguillon, fondateur de l?Association Française d'Ecotourisme (AFE).
Avec un risque, à l'heure où l'environnement est devenu un argument de vente: que quelques panneaux solaires, une boutique d'artisanat locale, ou des constructions en bois suffisent à un établissement pour s'autobaptiser "écotouristique".
En France, l'écotourisme représente aujourd'hui environ 2% du total du secteur, selon l'AFE qui a créé le site voyagespourlaplanete.com, qui propose une large palette de séjours "écologiques et solidaires" à travers le monde.
Face à la prolifération de labels, divers organismes travaillent depuis plusieurs années sur la mise en place d'un standard commun.
L'Ecolabel européen, symbolisé par une fleur, qui s'applique à de nombreux produits et en particulier aux lieux d'hébergement touristiques, offre une grille de lecture utile, mais encore très parcellaire.
Au niveau mondial, plusieurs agences des Nations unies travaillent avec des organisations professionnelles internationales et des ONG sur la mise en place d'un organisme de régulation.
"L'objectif est d'aboutir à un label et des critères minimum de certification et d'accréditation pour que tout acteur (du tourisme) qui souhaite être considéré comme crédible sur le marché suive cette voie", explique Tensie Whelan, directrice exécutive de l'ONG Rainforest alliance, basée à New York, très active sur ce projet.
Mais une véritable grille de lecture mondiale n'est sans doute pas pour demain.
Car l'écotourisme, qui vise, suivant la définition du développement durable, à être économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable, reste difficile à classifier.
"C'est bien plus difficile de labéliser un produit touristique en écotourisme que de labéliser un café en commerce équitable", relève M. Aguillon.
Pour Céline Bossanne, fondatrice avec son mari des campings Huttopia, "les labels actuels ne sont pas assez contraignants". Méfiante vis à vis de la "vague écolo", elle préfère "faire que dire".
Concrètement, Huttopia choisit ses terrains en partenariat avec l'Office national des forêts, construit sur pilotis pour laisser le moins d'empreinte sur les sols, opte pour des bois non traités, qui n'utilisent pas de produits toxiques et vont "griser" pour se fondre dans le paysage.
Dans l'attente de critères d'évaluation homogènes, qui pourraient être chimériques, les ONG spécialisées tablent sur les réflexes "intuitifs" des touristes dans leurs choix de destination et d'hébergement.
Et espèrent que, progressivement, ils poussent les professionnels du tourisme à mettre plus haut dans leur liste de priorités des critères simples tels que le respect des populations locales, la protection de la faune et la flore, l'usage raisonnable des ressources en eau et électricité, ou encore le choix des modes de transport les plus économes en énergie.
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