Publié le 27/02/2008 08:47 - Modifié le 28/02/2008 à 10:20 | Laurent Lasserre.

Bourgougnague. Le fermier tire sur son neveu et se suicide

Lundi, un ancien agriculteur a tiré froidement à trois reprises sur son neveu et il s'est donné la mort. Le GIGN était toute la nuit sur place.

Bourgougnague. Le fermier tire sur son neveu et se suicide
DDM

Cinq heures quinze du matin, hier au lieu-dit «La Catusse», sur la commune de Bourgougnague. Tout à coup, un grand boum se fait entendre. Un fracas qui réveille tout le voisinage. La porte d'une ferme vient de voler en éclat, pulvérisée par les gendarmes du GIGN. Depuis la veille, ils entourent la maison dans laquelle s'est retranché Claude Geneste. Quand ils entrent, ils découvrent l'homme dans l'entrée, mort d'un coup de feu en pleine tête. Visiblement, il s'est suicidé. Funeste épilogue de longues, très longues heures d'angoisse qui ont tenu en émoi tout un village.

Tout démarre la veille dans l'après-midi quand Claude Geneste et son neveu Jean Marboutin ont une discussion virulente dans un champ. Histoire de famille, de vente d'un lopin de terre. Le premier veut récupérer un terrain ; le second veut bien vendre mais la date est dépassée, le premier devra attendre trois ans. Claude Geneste sort alors de ses gonds, prend son fusil de chasse et tire à deux reprises sur son neveu. Certains plombs ricochent sur sa main en cherchant à se protéger, d'autres vont se loger au thorax. Blessé, en sang, Jean Marboutin (dit « Mammouth ») essaie d'échapper à son agresseur en s'enfuyant par un chemin. Il va faire plusieurs centaines de mètres en courant. Son assaillant prend alors sa voiture et le poursuit. Jean Marboutin tente d'atteindre la première maison d'habitation. Sur le chemin, il croise un tracteur. Il fait des grands signes et monte à son bord. « Amène moi, il veut me tuer », aurait-il imploré. Quelques secondes plus tard, Claude Geneste les rattrape en voiture et fait à nouveau feu sur le tracteur. La vitre arrière est elle aussi criblée de plombs. Le conducteur se réfugie alors dans une maison en construction. Claude Geneste fait demi-tour. Et c'est sans aucun doute la présence fortuite, à ce moment-là, du tracteur sur son chemin, qui sauve la vie de la victime. « Mammouth » est conscient et demande à ce que sa famille soit prévenue à Lavergne. Femme et enfants sont sommés par les gendarmes de se mettre à l'abri. Mais il semble que l'agresseur soit retourné en réalité chez lui vers 17 heures pour s'y enfermer. Une voisine l'a vu rentrer au volant de sa 2CV. Jean Marboutin est évacué à l'hôpital de Marmande pendant que les membres du GIGN sont prévenus. Ils atterrissent sur le terrain de sport de Miramont-de-Guyenne vers 22 h15. Vingt militaires ultra-équipés. « Impressionnant de voir ça chez nous », confie un témoin. C'est à la mairie qu'ils établissent leur quartier général. La ferme est tout de suite cernée, les accès sont quadrillés, plus personne ne peut entrer ou sortir du périmètre de sécurité. Les membres du GIGN tentent alors de nouer le dialogue avec le forcené. En vain. Avec des moyens sophistiqués, ils vont alors vérifier s'ils enregistrent des mouvements au sein de la maison d'habitation. Rien à signaler. Aucun bruit ni aucune lumière. Vers 1 heure du matin, une première tentative est tentée mais c'est finalement à l'aube que l'assaut est donné. Claude Geneste ne répond pas. Il est décédé, visiblement depuis la veille. Peut-être s'est-il donné la mort immédiatement. Ce qui expliquerait qu'aucune détonation n'ait été entendue par la suite. Claude Geneste gît sur le sol, à quelques mètres de l'entrée, dans une sorte de débarras. Selon les premiers éléments, il aurait retourné son arme contre lui.


Unité toulousaine et trois Puma du GIGN

Les euphémismes étaient d'usage hier pour brosser la personnalité atrabilaire de l'auteur : « C'était un vieux garçon, il était certes un peu spécial, il critiquait beaucoup,… mais on faisait avec, de là à imaginer cette violence », glissait un membre du conseil municipal. « C'était un vieux célibataire, caractériel. L'affaire s'est envenimée », confiait un villageois. Un homme décrit comme « fort en gueule », prompt à s'enflammer. Tous parlent à mots couverts d'un vieux contentieux remontant même à la génération précédente, une querelle d'héritage, de succession, de viager ? Jean Marboutin aurait déposé plainte en 2003 contre son oncle pour des menaces à l'époque. « Ce dernier était peut-être en train de semer de l'orge », mentionne sans s'avancer le maire Jean-Marie Constantin. La victime est une figure bien connue du syndicalisme agricole qui milite au sein de la Coordination rurale et se présente tête de liste à Lavergne. Le procureur de Marmande Thierry Dran est resté toute la nuit, ainsi que le préfet Lionel Beffre et le commandant du groupement de gendarmerie, le colonel Quaranta. Les trois hélicoptères Puma du GIGN ont décollé de la base de Satory, à Versailles, et se sont posés à Miramont. Dans leurs bagages entre 600 et 800 kg de matériel. Une unité spéciale de Toulouse, le peloton d'intervention de 2e génération (une force intermédiaire) était arrivée avant eux pour une première approche et sécuriser les lieux. Dans la mesure où l'homme déterminé avait ouvert le feu de sang-froid, les brigades locales n'étaient pas en mesure d'intervenir pour le déloger. De plus, il aurait récemment affirmé qu'il n'hésiterait pas à tirer sur les gendarmes le cas échéant. Les opérations ont de fait été confiées à l'unité d'élite du GIGN.L'enquête est diligentée par la brigade de recherches de Marmande avec l'aide des brigades de Miramont et des techniciens en investigation criminelle qui ont procédé aux constatations après la découverte du décès par arme à feu. Une autopsie était en cours hier soir à Bordeaux pour déterminer les circonstances exactes de la mort et du passage à l'acte. C.St-.P.


«Ça devait mal finir »

Les faits qui conduisent au drame restent encore flous. Jean Marboutin venait souvent travailler les champs de son oncle. Il lui avait même acheté ou loué des terres. Et c'est peut-être un souci de rétrocession qui serait à l'origine de la tragédie. L'auteur n'était pas quelqu'un de très apprécié dans la commune. « Il avait des soucis et était fâché avec tout le monde. Il ne parlait plus à ses trois sœurs (NDLR, l'une étant la mère de la victime). Il vivait seul et on peut dire que c'était un homme sauvage », explique un habitant du village. Claude Geneste a toujours vécu dans la ferme familiale, seul depuis une dizaine d'années après le décès de sa mère. Des voisins avaient même déposé plainte contre lui pour des « menaces ». Un autre couple, récent dans la commune, estime « qu'il n'y avait pas de soucis avec lui ». Mais les plus anciens ne disent pas la même chose. Hier, à Bourgougnague, la triste fin de Claude Geneste était dans toutes les conversations. « Mais ça devait bien finir comme ça », insistent de nombreux habitants.

 
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RÉACTIONS DES LECTEURS
De l'huile sur le feu (par reveloi)

je connais pas le monsieur qui c'est suicidé et je veut pas le défendre , mais les gens ont un comportement coupable , quand ils prennent quelqu'un en grippe ils font tout pour faire monter la mayonnaise et mettre de l'huile sur le feu , aprés ces gens là sont les premiers a dire "ça devait arriver" . Si vous comprenez pas ce que je veut dire je vais vous donner des exemples ; celui là il faut pas lui dire bonjour , celui là il faut changer de trottoir quand vous le croisez , celui là il faut pas lui causer , plein de petits trucs de ce genre qui aggravent la situation de jours en jours et fini par finir mal
Peut être qu'il n'y avait rien a faire avec ce monsieur , mais j'ai un exemple personnel qui prouve que mes accusations existent ( dans une petite ville à l'est de Toulouse )

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