Gaza. Tragédie à l'écoleQuarante-trois personnes ont été tuées hier dans une école gérée par l'ONU, au nord de la bande de Gaza. Une frappe particulièrement sanglante qui...
Un ingénieur de 33 ans, un photographe de 49 ans, un intervenant en milieu scolaire de 26 ans… Trois habitants de la Haute-Garonne. Des personnalités différentes qui partagent au moins un point commun : leurs ordinateurs contenaient des milliers de fichiers pédo-pornographiques. Des jeunes enfants, parfois même des bébés, dans des positions explicites quand ils n'ont pas un sexe d'adulte dans les mains ou la bouche… Insupportable pour la majorité, excitant pour quelques autres recherchés de manières serrées par les services de la police et de la gendarmerie.
Depuis deux ans, la cyber-pédophilie a envahi le décor judiciaire toulousain. En comparution immédiate, les affaires défilent et les peines tombent. Parfois comme mercredi, le parquet décide d'ouvrir une information judiciaire pour tenter d'identifier les personnes qui se trouvaient en relation avec un homme de 33 ans. Un ingénieur, à l'homosexualité mal assumée selon un expert psychiatre, et chez qui la police judiciaire a découvert entre 80 000 et 100 000 fichiers pédo-pornographiques. Dans l'entreprise où il travaillait « à la satisfaction générale », son patron n'en revient toujours pas. Le nom de ce nouveau suspect est arrivé jusque sur les bureaux de la police toulousaine après un signalement des autorités allemandes. À l'automne, la gendarmerie a lancé l'opération « Arc-en-ciel » après un signalement des autorités italiennes. Huit suspects avaient été arrêtés en Haute-Garonne.
« Internet facilite les transmissions des donnés, même les plus abjectes. Aujourd'hui, nous avons les techniques, et les capacités, pour suivre les téléchargements. C'est pour cela que les arrestations se multiplient », indique un enquêteur. Ce n'est pas encore la science-fiction mais cela y ressemble. La gendarmerie ne cache plus qu'elle dispose de spécialistes qui vont « au contact ». Ces cyber-patrouilleurs « échangent » avec des internautes branchés X. « Pas de provocation, la loi française l'interdit… Mais si on nous propose des photos ou des vidéos, alors… » confie un officier d'unité de recherche. Sans parler des logiciels qui veillent automatiquement lors d'échanges à distance sur les sites « sensibles ». Quant aux mémoires des ordinateurs, les policiers ou gendarmes spécialisés le font « parler » aussi vite qu'une empreinte ou un profil génétique. La traque est donc loin d'être terminée. D'ailleurs, plusieurs dossiers sont en instance de traitement à Toulouse…
La psychanalyste et historienne, Élisabeth Roudinesco, était à Toulouse samedi, à l'invitation de la librairie Ombres Blanches, pour présenter son livre « La Part obscure de nous-mêmes - Une histoire des pervers » (Albin Michel) au cours d'une conférence débat.
De quoi traite votre livre ?
Il s'agit d'un un essai historique sur les pervers. Ils sont une part de nous-mêmes, car ils exhibent ce que nous en cessons de dissimuler : « la part obscure de nous-mêmes ». Le pervers est celui qui jouit du mal et de la destruction de soi ou de l'autre.
Justement, que dire aujourd'hui des pédophiles ?
Aujourd'hui, dans notre société, la pédophilie est devenue la figure dominante du pervers sexuel, à la place de ce qu'a pu être pendant des siècles l'homosexuel.
Les internautes qui se nourrissent d'images ou de films pédophiles sont-ils des pervers dangereux, des pédophiles en puissance ?
La définition de la pédophilie c'est la consommation d'actes sexuels commis par des adultes avec des enfants en bas âge ou prépubères. Par définition, l'enfant n'est pas consentant. On le traite comme un objet. Ce qu'il faut combattre, ce n'est pas tant les gens qui regardent ces films sur Internet, ce sont ceux qui font passer ces images sur Internet. Il n'y a qu'à se battre et condamner ceux qui diffusent.
Mais ce voyeurisme n'est-il pas la porte ouverte au passage à l'acte ?
Combattons la diffusion des sites pédophiles. La justice doit juger sur des actes, ce n'est pas la même chose de regarder et de passer à l'acte. Ceux qui regardent ces sites sont des pervers sexuels mais pas forcement des criminels. Le délit virtuel, le crime virtuel n'existe pas. Le voyeurisme est considéré comme une perversion sexuelle qui n'est pas condamnée par la loi, car il faut des actes, même s'il s'agit d'un voyeurisme compulsif.
Selon vous, y a-t-il un profil social du voyeur pédophile ?
Je ne me prononcerai pas là-dessus. C'est un sujet trop brûlant.
Recueilli
par Valérie Sitnikow
Au cours des six derniers mois, plusieurs cyber-pédophiles ont été renvoyés devant le tribunal.
3 Le 1er février, un informaticien de 26 ans qui travaillait dans un collège a été condamné à 6 mois de prison avec sursis.
3 Le 24 janvier, un père de famille de 47 ans, ingénieur d'Airbus, détenait plusieurs milliers de photos pédophiles et zoophiles.
3Le 10 janvier, devant le tribunal correctionnel, un photographe repéré dans le cadre de l'opération « Arc-en-ciel ». Jugement cette semaine.
3 Le 21 décembre, un quinquagénaire a été condamné à un an de prison pour 5 000 photos pédophiles. Il avait déjà été condamné pour agression sexuelle.
3 Le 15 octobre, Christophe, 45 ans, comparaît pour avoir téléchargé des fichiers. Il écope de six mois de prison avec sursis.
3 Le 12 octobre, deux informaticiens de 30 et 33 ans, mariés et interpellés dans le cadre de l'opération « Arc-en-ciel » ont été condamnés à un de prison avec sursis. Ils avaient téléchargé de milliers de fichiers.
En novembre dernier, un salarié d'une faculté toulousaine, âgé de 45 ans, dépressif, avait raconté pourquoi il téléchargeait des images pédophiles sur Internet. « C'est très facile de tomber sur des sites pédophiles, et même en cherchant un peu sur des sites de sexe avec des enfants, à partir d'un site porno classique. Au début c'étaient des photos d'adolescentes. Le premier site était un site japonais soft et après je suis tombé sur des forums où il y avait tout ce qu'on voulait. J'ai commencé à collectionner, je ne sais pas pourquoi… Plus la difficulté était grande et plus je recherchais ce type d'images. Je savais que c'était interdit mais lorsque j'étais lancé, j'oubliais l'interdiction. J'aime pourtant les femmes. Je n'ai pas d'attirance physique pour les adolescentes. Je n'ai pas d'enfant et les gamins ne m'ont jamais attiré. Je ne suis pas dépendant de ce type de photos et je ne suis jamais passé à l'acte. Les gendarmes ont retrouvé 30 CD stockés sur mon lieu de travail. Ils ont été très discrets lorsqu'ils sont venus m'arrêter. Aujourd'hui je ne veux plus utiliser Internet ». Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et obligation de soins.
Les explications de Mme Roudinesco sont très convaincantes, en particulier concernat l'interdit du passage à l'acte et de la diffusion des images.
Alerter le modérateur | Voir profil"Aujourd'hui, dans notre société, la pédophilie est devenue la figure dominante du pervers sexuel, à la place de ce qu'a pu être pendant des siècles l'homosexuel." Donc, selon Madame Roudinesco, l'homosexuel était un pervers sexuel ? Ne se met-elle pas sous le coup d'une plainte pour homophobie ?
"Selon vous, y a-t-il un profil social du voyeur pédophile ?
— Je ne me prononcerai pas là-dessus. C'est un sujet trop brûlant."
En effet, la mode n'est pas à la réflexion ni au dialogue. C'est un monologue répressif, avec tout ce que cela comporte comme abus, dérives, bavures, erreurs, etc. Donc chut ! punissons sans rien dire.
LA CYBERTRAQUE AU SERVICE DES ENFANTS
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Une enquête d’Emmanuel DANIELOU parue dans « La Nouvelle République du Centre-Ouest » 22/06/2000
Le choix d’en parler. Faut-il parler de la pédophilie, de l’inceste et des abus que subissent les enfants ? Faut-il dire qu’un commerce de photos ou vidéos existe sur internet et que ces produits engendrent des actes répréhensibles sur des enfants ? Oui répondent les familles des victimes « Marre de cette barbarie, il faut en parler, il faut lever le tabou, que cela ne se reproduise plus ! »
Au travers de cette enquête, nous avons fait le choix de la défense de l’enfant. La pédophilie, active ou électronique, existe, et parfois à notre porte, c’est un délit et les tribunaux doivent condamner sévèrement l’auteur de tels faits graves. E.D
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La pédophilie utilise un nouvel outil : Internet. Face aux cyberpédophiles, des « traqueurs » tentent sur la toile, de débusquer les « abuseurs de gosses » et de prêter main forte à la police.
« Un jour, par hasard sur Internet, je suis tombé sur des photos pornos d’enfants, au maxi cinq ans. Là, ça m’a fait un coup….. » Tête-Caillou (c’est son pseudo informatique) vit en région Centre. Il est informaticien. Reprenant sa respiration, il poursuit : « une gamine de 4 ans faisait une fellation à un adulte. Je me suis dit elle est en danger. » Et de poursuivre : « j’ai trois enfants, et j’ai vu ma fille à la place. » C’était il y a près de deux ans. Il a décidé de réagir.
Depuis un an à Tours, au sein de l’association de défense de l’enfance et des parents séparés (ADEPS), ils sont un petit groupe de bénévoles à fouiller Internet en vue de débusquer des cyberpédophiles. Un vrai travail de fourmi devant l’écran, à surfer sur la toile. La traque est aléatoire. Et puis d’un coup, les pièges s’emplissent :
« En une semaine, j’ai trouvé onze sites ».
« Des mecs cultivés & intelligents »
En face, le cyberpédophile connaît les possibilités du réseau. Entrer en contact avec lui, c’est récupérer son e-mail, l’IP (identifiant personnel) de son ordinateur. Assez d’éléments pour que la police le localise. « Alors nous transmettons les données à la gendarmerie, explique tête-Caillou. Moi je n’ai aucun pouvoir d’investigation ».
Cette traque prend du temps, demande de l’analyse : « la plupart des mecs sont intelligents et cultivés. En fait, il faut comprendre leur raisonnement pour les piéger. » Et de lâcher : « Que la justice leur mette la main dessus et qu’on les coince ! »
Parce que les photos ou films qui circulent sur le web, ne sont pas des images factices. Ils sont le résultat d’abus, d’ignominie, de scènes réelles. « C’est à vomir, abominable, immonde, innommable » lancent les traqueurs. Des enfants de 3 à 10 ans (parfois moins), violés, sodomisés pour le « plaisir » de gens que l’Unesco qualifie de « malades ».
Du virtuel au réel
Les abus sexuels sur mineurs sont hélas courants et partout. Pas une semaine sans qu’un tribunal des Pays de la Loire, de Poitou-Charentes ou de la région Centre n’ait à juger une affaire. Les cours d’assises débordent de jugements pour viols sur mineurs.
80% des affaires se déroulent en famille. Dans ces cas, l’agresseur est le père, le grand-père ou le beau-père, et dans 10% des cas, c’est la mère qui abuse de son enfant. Le Président de l’ADEPS, Jean-Gervais C. se bat depuis 1973 « parce qu’il y a des gosses en jeu ». Il se souvient de situations difficiles. Exemples : « Une jeune fille qui voulait se suicider pour échapper à ses bourreaux ou une gamine qui tremblait dès que l’on parlait de son père ». Mais le bénévole connaît ses limites. « On est là pour conseiller, assister et orienter les personnes en difficulté. »
A Tours, Anne-Marie NOSSEREAU, avocate et mère, s’inquiète de ces dérapages de vie. « L’inceste, ce n’est pas nouveau. Il y en a toujours eu ». Elle constate que « dans neuf cas sur dix, les mères ferment les yeux ». L’enfant peut alors se retrouver deux fois victime, avoir subi des abus et être exclu par ses parents. Lever le voile engendre souvent des tempêtes familiales.
Mais l’avocate relativise : « ce n’est pas le Net qui crée la pédophilie. Mais là, elle se dévoile avec une intensité inquiétante. »
PS : -Tête-Caillou ne fait plus parti de l’équipe associative depuis 2004.
-Mme A.M Nossereau n'est plus avocate.
-Récemment, à Tours, une affaire a été jugée impliquant aussi, parmi d'autres personnes, un haut magistrat...
… à suivre prochainement sur le site www.aedeps.fr
Témoignages : « Parler, c’est déranger l’ordre de chose ;
puis : « La peur dans les yeux » ! »
Répression: « Lois nationales contre web mondial ».
@nipnip : Vous n'avez pas compris. Madame Roudinesco ne fais que décrire ce que pensaient les gens auparavant (bien qu'il y en a encore qui pensent ce genre de conneries de nos jours). Je trouve ses propos fort intelligents, et c'est une des rares psychanalyste qui lutte contre l'homophobie sous toutes ses formes.
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Les médecins nous affirment que c’est une maladie. Vont-ils nous dire le contraire ?
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Aujourd'hui 125 logements en vente dans la région.
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Aujourd'hui offres à pourvoir sur Midi-Pyrénées. |
| AUTO | |
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Aujourd'hui 5060 véhicules à vendre dans la région. |

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Mme Roudinesco n'a apparemment répondu à aucune des questions posées, sauf celle sur le contenu de son livre...
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