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En baissant drastiquement mardi les taux américains, le président de la Fed, Ben Bernanke, a donné l'impression dangereuse de voler au secours des marchés et de nourrir ainsi un sentiment d'impunité chez les investisseurs, mettent en garde les analystes.
La banque centrale américaine (Fed) a baissé dans l'urgence son taux directeur de trois quarts de points pour le ramener à 3,50%, une action spectaculaire qu'elle a justifiée par la forte détérioration des perspectives pour l'économie américaine.
Mais mercredi, les analystes se demandaient si la Fed n'avait pas en fait cédé à la panique.
"Le pire dans la décision d'hier est que la Fed a eu l'air de vouloir calmer les banques et les courtiers, en laissant penser qu'elle-même a légèrement paniqué", souligne le Wall Street Journal dans un éditorial.
La décision de la Fed avait été annoncée une heure avant l'ouverture de Wall Street, dans le but évident d'enrayer la chute des bourses mondiales. Et ce plan a fonctionné dans un premier temps.
Mais "la Fed a créé un très mauvais précédent pour stabiliser les marchés", affirme l'économiste indépendant Robert Brusca. La banque centrale devait de toutes façons se réunir la semaine suivante, note-t-il.
"Quelle était l'urgence? Quel message cela envoie-t-il? Cette décision soulève de nombreuses questions sur la Fed", selon lui.
Le message que cela envoie aux marchés, c'est que la Fed les secourra en toutes circonstances. La baisse "risque de renforcer l'idée que la Fed baissera toujours ses taux pour sauver la bourse", note Jan Hatzius de Goldman Sachs.
D'où le danger de voir grandir "l'aléa moral" ("moral hazard"), qui définit la situation où les investisseurs se savent protégés de leurs propres imprudences et multiplient les risques en sachant que les pots cassés seront payés par d'autres.
Le précédent président de la Fed Alan Greenspan avait été durement critiqué à ce sujet, notamment en 1998 après le sauvetage du fonds spéculatif LTCM dont l'écroulement menaçait la finance mondiale.
De plus "les marchés et le public en général risquent de juger que la performance de la bourse américaine et la mesure essentielle --certains diront unique-- du succès de la politique monétaire", ajoute M. Hatzius. Ce qui est une position dangereuse en période de récession, qui s'accompagne généralement d'un plongeon boursier.
En baissant drastiquement ses taux, la banque centrale risque aussi de créer les conditions de la prochaine bulle spéculative.
Après tout, la bulle immobilière et la crise des +subprimes+ peuvent en partie s'expliquer par l'abondance du crédit qui a inondé les marchés après que la Fed de Greenspan eut baissé le taux directeur à 1% en 2003, dans le sillage de la récession provoquée en 2001 par l'éclatement de la précédente bulle, celle d'internet.
Tous les commentateurs ne jettent cependant pas la pierre à Bernanke.
"Quelque soit la folie des banques, la Fed ne les laissera jamais s'écrouler parce que les conséquences seraient trop importantes pour le système financier et pour l'économie mondiale", assure Steven Pearlstein, l'éditorialiste du cahier économique du Washington Post.
Ben Bernanke, qui est l'un des meilleurs spécialistes de la crise de 1929, veut à tout prix éviter le scénario catastrophe où la chute d'une banque ou d'un fonds d'investissement provoque un effet domino et une panique des investisseurs.
"Regardons les choses en face: quand les bulles éclatent, il n'y a que des mauvaises et de moins mauvaises solutions. Pour le moment, Ben Bernanke semble avoir choisi les moins mauvaises solutions", ajoute l'éditorialiste.
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Que pouvait il faire.?? mais je pense que le pire est à venir.!!!!!
Alerter le modérateur | Voir profilSi la bourse baisse encore de 20% nous ne pourons plus payer nos fonctionnaires.!!!!sachant que l'état est un énorme speculateur.!!! pourquoi pas!!! le dégraissement ce fera plus vite.