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Le 5 octobre, Jérôme Giles a peut-être cru que ses ennuis étaient enfin terminés. Le tribunal administratif de Pau venait de donner gain de cause à cet agriculteur de Beaumont-sur-l'Osse contre la préfecture du Gers qui lui refusait un modificatif de permis de construire. Mais à la mi-décembre, il a appris que le ministère de l'Environnement faisait appel de la décision. Et le 4 janvier, il a reçu un courrier en recommandé de la préfecture, refusant de lui accorder ce modificatif. « Ils avaient jusqu'au 5 janvier pour me répondre, ensuite c'était un permis tacite », dit-il. Un nouveau coup dur pour ce céréalier bio. Au début de l'année 2003, il a déposé un permis de construire pour un hangar destiné à stocker matériel et grains. Suivant les recommandations de services environnementaux, il a accepté de le modifier afin de le rendre moins visible. Le 21 juillet, la mairie a accordé le permis. Alors qu'il avait commencé la construction, début 2004, sa voisine l'a contacté pour lui faire savoir que son permis comportait des irrégularités. Sa voisine n'est autre qu'Eve Ruggieri, propriétaire du château de Beaumont. Une bâtisse en partie classée aux Monuments historiques. Un périmètre de protection de 500 mètres existe autour des bâtiments classés. Ici, on est à près de 600 mètres mais on argue d'un principe de covisibilité. Des réunions en mairie puis sous-préfecture se sont succédé. Un peu piteux, Jérôme Giles a signé un protocole d'accord qui voulait qu'il renonce au projet initial et construise sur un deuxième site s'il y obtenait un permis. Chose faite à l'automne 2005. Entre-temps l'agriculteur a demandé une modification du premier permis. La préfecture l'a refusée. C'est alors qu'il a saisi le TA, en mars 2005. Il a reçu la décision le 5 octobre. En parallèle, le maire de Beaumont, mécontent du deuxième site, a attaqué ce permis. Il a été débouté par le TA de Pau mais a fait appel.
Dans son dernier arrêté, la préfecture motive son refus par le fait que hangar soit visible depuis le château bien qu'il ne soit pas dans le périmètre de protection et que la demande consiste en une régularisation de fait. Elle argue également d'une « procédure de classement des jardins du château » (lire ci-dessous).
Or le hangar devait permettre à Jérôme Giles de valoriser sa production. Ce qui rajoute à sa colère est la bonne tenue des cours cette année. Il n'a pu conserver ses céréales qu'un mois après récolte. « En bio, le blé se vendait 230 € la tonne à la récolte et maintenant c'est 530 €. Vous imaginez le manque à gagner », dit-il. « Je me sens écrasé, j'ai l'impression que l'Etat s'efforce de défendre Mme Ruggieri », poursuit Jérôme Giles. Ce que réfute la préfecture qui invoque l'application stricte du code de l'urbanisme : « Nos services ont la même position depuis des années ». F.R.
La chambre d'agriculture prépare une charte des nouveaux arrivants. Elle devrait être finalisée pour le mois d'avril.
Alerté du différend initial entre Jérôme Giles et son illustre voisine, le président de la chambre d'agriculture Henri-Bernard Cartier souligne : « Voilà le type de problèmes concernés. C'est vraiment dans cet esprit-là ». Il n'évoque pas là les problèmes administratifs liés à ce cas mais les relations de voisinage et la cohabitation entre ceux qui veulent jouir de la campagne et ceux qui y travaillent. L'organisme a un autre rôle : « donner des conseils pour que tout ce qui est fait le soit dans des règles administratives rigoureuses et en tenant compte du développement durable ».
« Le problème est qu'à chaque fois que se monte un projet de développement économique, vous avez forcément des gens qui sont contre. C'est cela qui a motivé la mise en place de cette charte. Nous avons aucun pouvoir mais nous pouvons ainsi amener les gens à se reparler », dit le président de la chambre. « Si on n'y prend pas garde, on va devenir une réserve d'Indiens pour des gens qui ont besoin de paix », dit-il avant de poursuivre : « Ils viennent pour le bon air et les beaux paysages mais pour que le Gers garde tout cela, il faut de l'activité. Nous avons des paysages totalement agricoles. En même temps, les agriculteurs doivent tenir compte du développement durable et de l'esthétique ».
Voilà deux ans, Eve Ruggieri avait expliqué s'efforcer de « retrouver les plans de Philippe Lauzun. D'après des plans, le jardin avait été fait à la fin du XVIIe siècle, en buis ». Ce motif fait bondir le maire de Beaumont, Mario Spagnoli : « Ce jardin n'a jamais existé, il est créé de toutes pièces. A l'endroit où il y a ce jardin, j'ai fauché du foin ». Reste qu'il est tout à fait possible de faire classer ou inscrire à l'inventaire des Monuments historiques un jardin qui a été dégradé ou a disparu, du moment qu'il existe des traces visibles ou archivistiques. C'est la commission régionale du patrimoine et des sites qui, au sein de la DRAC, doit statuer sur l'inscription des jardins à l'inventaire des Monuments historiques. Mais un premier passage des jardins de Beaumont devant la CRPS n'avait pas convaincu de leur existence au XVIIe siècle. Pour passer une deuxième fois, il faudra présenter de nouveaux éléments solides. Un second passage est programmé en février 2008, dit la préfecture.
cet homme fait du bio, il accepte toutes les conditions qu'on lui impose pour au final tout lui refuser... Tout les jour des agriculteur et autres exploitants mettent la clef sous la porte, écraser par des taxes et des normes qu'on ne peut immaginer...toute cette pitreries qui visent à satisfaire une chatelaine qui ce crois rêne de son chateau et de tout ce qui l'entoure me debecte!
Alerter le modérateur | Voir profilNous n'avons pas les mêmes valeurs ! ! !Le genre de comportement de madame Ruggieri est consternant !Le "pouvoir de l'argent" en action ! Je croyais en ces "nouveaux temps" , ces maniéres révoluent !
Alerter le modérateur | Voir profilcelui qui dit que les agriculteurs sont accablés de taxes , moi je lui répond qu'ils touchent des gros paquets d'argent en subventions ( les mairies sont au courant , c'est elles qui aident à remplir les demandes ). Plus vous avez des hectares , plus vous avez des bêtes , plus vous touchez des subventions ( donc , plus vous gagnez , plus on vous aide en subventions ) je me demande oû est la morale dans tout ça , quand vous êtes a deux doigt de crever de faim , personne vous aide !
Alerter le modérateur | Voir profilLe Gers sous prétexte de développement et de maintient de l'agriculture se couvre de pustules de ferraille détruisant les paysages que les paysans ont façonnés durant des siècles de leur labeur.
Il faut soutenir Mme Ruggieri dans sa démarche de défense du paysage Gascon .
La photo de la Dépêche est édifiante, un agriculteur qui se dit Bio qui pose devant un tas de ferraille avec en perspective un édifice remarquable . C’est de la provocation !
Pendant des siècles le rural a généré un bâti harmonieux, avec un peu de Culture et de professionnalisme cela devrait être toujours possible .
Halte à la barbarie, au nihilisme !
Le périmètre des 500m de la loi de protection n’est qu’un élément, le principe majeur c’est la règle de « covisibilité » , même si ce principe n’était que rarement appliqué, il s’avère efficace son renouveau doit faire jurisprudence .
Parler de châtelaine, est honteux, ce n’est pas seulement le personnage médiatique qui pourrait investir en Toscane, au Maroc comme d’autres qui est atteint c’est le patrimoine, le terroir des Gersois qui est commun a tout ses habitants, comme à tous ceux qui viennent l’admirer .
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pendant qu'à Beaumont un soit disant jardin en voie de classement mais dont on ne trouve aucune trace sert de justificatif pour interdire la construction d'un hangar , il est étonnant de voir qu'à St Blancard l'existence d' un jardin célèbre et reconnu pour sa valeur historique ne suffise pas à arrêter un projet de lotissement dans son enceinte même!
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